dimanche 30 décembre 2018

Rencontre avec Didier

                                   Bonjour les amis, 

Nous avons enfin rencontré Didier, le petit-fils du soldat Daniel Denecker. Quelle émotion !! Quelle belle rencontre ! 

Petit résumé :


08 septembre 2015 :

 En regardant de plus près ma boite à merdouilles, j'ai vu une demie plaque militaire.

Je ne l'ai pas nettoyée. Vous la verrez en l'état.

Elle porte d'un côté la mention : DENECKER Daniel 1934 et de l'autre Dunkerque 1868 (?)

Quelqu'un pourrait-il me dire qui était ce soldat car je ne le trouve pas dans la Mémoire des Hommes et mon objectif est de rendre ce souvenir à sa famille.

A quoi correspond la première date : 1868 ? Et l'autre 1934 ? ( date d'incorporation ?

Je suis un peu perdu.

Pour le nettoyage, je pense au triple 000, je vous demande conseil.

Pour terminer, si j'ai retrouvé la moitié de la plaque, c'est que je pense l'infortuné est mort au combat.

Comprenez que ce n'est pas du militaria mais le devoir de mémoire. 











Suite :

 Je suis entré en contact avec sa fille Solange qui très émue m'a demandé combien elle me devait !! ???
Juste un sourire madame, un sourire !!

Elle me confirme que Daniel Julien Cornil était bien son père et que son fils à elle Didier, militaire de carrière serait fortement intéressé par ma trouvaille car il était le chouchou de ce grand-père !

Je téléphone à ce monsieur de mon âge, Didier et comment dire, comment exprimer ? Il était tellement surpris aussi et ému qu'il pouvait à parler. Moi-même j'ai failli braire !!

Il m'explique que son grand-père avait protégé la poche de Dunkerque en 40,

Qu'il avait monté dans un camion avec ses copains du 15me RI ( 1ere Division Infanterie Motorisée), qu'ils avaient été mitraillés par les avions allemands, qu'un de ses copains avait été tués etc... j'ai comment dire j'ai vu ces scènes sans les avoir vécues )

Il m'autorise à diffuser ses informations et top du top, il va m'envoyer une photo de son grand-père en tenue d'uniforme de l'époque !!



04 novembre 2018 :

Mail reçu de Didier, le petit fils du soldat Denecker

 Je vous livre une partie de son mail après les photos.


C'est toujours avec émotion que l'on arrive à mettre un visage sur un nom et de pouvoir discuter avec le descendant.



                         Soldat Daniel Denecker :


 




 




                    L'histoire raconté par Didier, le petit fils :

 
Claude,

Je te remercie pour la plaque militaire de mon grand-père. Ce dernier né en 1914 était donc de la classe 34. Son régiment était le 15ème régiment d’artillerie appartenant à la 1ère division d’infanterie motorisée (1er RI, 43ème RI, 110ème RI, 15ème RA) Ces régiments tenaient garnison dans le Nord à part peut-être le 1er RI. Mon grand oncle natif de Bourbourg a combattu au 110ème RI. Il m’a raconté à quel point la campagne de Belgique (manœuvre de la Dyle) a été déprimante et qu’une troupe qui retraite n’a pas beaucoup le moral En France, il fallait au moins essayer de rééditer l’exploit de la Marne. Le sort des armes a été contraire. Cela n’a pas empêché l’armée française de livrer de furieux combats. Mon ancien régiment, le 43ème Ri a eu 43 tués en Belgique et a encore perdu 600 des siens (tués, blessés, disparus) au cours de la bataille de l’Escaut. Il ne faut jamais perdre de vue que pendant cette courte campagne, le bilan quotidien des pertes excédait ce que l’on avait connu jusque là (début de la bataille de Verdun : 3000 tués par jour)

Mon grand-père s’est débrouillé pour ne pas être capturé car il a su percer l’encerclement de la poche de Dunkerque. Mon grand-oncle a connu la captivité car les clauses d’armistice car s’appliquaient à toute troupe encerclée. (...)

(...)

Des faits d'armes du grand-père, je ne sais pas grand-chose.
Pendant la guerre, il était brancardier dans un régiment d'artillerie ce qui fait qu'il ne devait pas être si près de la ligne des contacts mais les brancardiers comme les estafettes peuvent très vite être exposés.

Il m'a souvent dit qu'à la fin, c'était devenu un bordel immense. Il n'a jamais été fait prisonnier mais à mon avis il a tout fait pour échapper à la captivité. Les clauses de l'armistice ont été bizarres. Des régiments ne s'étaient pas rendus mais comme ils étaient encerclés, ils ont reçu du haut commandement l'ordre de se rendre avec 5 ans de captivité derrière. A cette époque ma mère n'avait pas un an. A Dunkerque, il n'a pas dû être possible au 15ème RA d'embarquer avec ses pièces d'artillerie. Logiquement, elles ont dû être sabotées. Après, je ne sais pu ce qu'il a pu faire. Il a fini la guerre au volant de son camion à Bordeaux. A ce moment, les carottes étaient cuites pour le pays et il m'a dit avoir jeté les clés du camion dans une plaque d'égout. Je ne sais pas si c'est au cours de cet épisode qu'il s'est fait mitrailler par des stukas mais le pare-brise a été transpercé et le chef de bord a été tué.

La trouvaille de la plaque m'interpelle car mon grand-père était plutôt soigneux et je me demande s'il n'a pas voulu se faire passer pour mort pour éviter l'accusation de désertion. D'un autre côté, s'il était à Looberghe, c'est qu'il a été au bout de la campagne de France. Et il n'a pas pu aller si loin par la suite sans forcer ou contourner un barrage. De plus, il connaissait le coin, il était de Bourbourg et habitait Bambecque. En tout cas, c'était une vraie tête de mule (un Flamand) et je ne le vois pas se laisser faire sans essayer quelque chose.

Pour le 15ème RA, je ne sais pas grand-chose à part qu'aux combats sur l'Escaut (Bruyle Saint Amand) il a causé beaucoup de pertes aux allemands qui ont tenté de forcer le dispositif. Ces faits doivent être consignés dans le journal des marches et opérations du régiment. Seulement, il est dissous depuis longtemps.

Je t’ai envoyé l'ouvrage du lieutenant-colonel RASCLE, ancien commandant en second du 43ème RI qui décrit les combats du 43 en 40. Or le 1er RI, le 15ème RA, le 43ème Ri et le 110ème RI appartenaient à la même division et ont été engagés ensemble dans les mêmes secteurs.



Je te livre l’historique du 15ème RA auquel appartenait mon grand-père d’après les souvenirs d'un combattant du 15è d'après son journal.

Le 15ème Régiment d'Artillerie Divisionnaire (RAD) est alors commandé par le Lt-Col Marcel Ardouin Dumazet, et constitue, avec le 215è (son régiment de réservistes équipé de canons de 105 et de 155mm), l'artillerie organique de la 1ère division d'infanterie motorisée (DIM) du Général de Camas, c'est une unité d'élite de la 1ère armée française en 1940 presque entièrement motorisée.

La 1è DIM fait partie du 3è corps (Général de la Laurencie) de la 1ère Armée du général Blanchard.

L'infanterie de la division est constituée par le 1er RI de Cambrai, le 43è RI de Lille et le 110è de Dunkerque. Pour la reconnaissance, la division dispose du 7è groupe de reconnaissance divisionnaire (GRDI) basé à St Omer, plus du génie, du transport etc.... ( Des gars du Nord et du Pas de Calais pour la plupart).

Depuis 1919, le 15è RAD est toujours caserné à Douai jusqu'à la déclaration de la guerre en septembre 39. Il pérégrine jusqu'au 10 mai 40 en Champagne dans le Nord, pour finir après plusieurs fausses alertes dans l'Oise du côté de Roye, Noyon, Ressons sur Matz...Toujours près de sa division.

Le 10 mai c'est la bonne alerte ! Le 15è monte en Belgique le 11 selon les plans de la « manœuvre Dyle » vers Nivelles et la ligne Gembloux-Wavre.

Le 13 mai, le 15è occupe et fortifie ses positions à l'est de la voie ferrée Bruxelles-Namur, Le PC est à Sars Messire Guillaume. Les avant-postes à l'ouest de la route Bruxelles-Namur.

Le 15 mai après les premières escarmouches du 14, violent accrochages, attaques et contre-attaques et bombardement par avions en piqué. Sérieux appui du 15è pour maintenir l'infanterie qui résiste.

16 mai: repli sur la frontière française vers Valenciennes. L'ennemi a percé plus au sud vers les Ardennes.

18-19 mai: combats sur la Sambre et Maubeuge en appui d'éléments d'infanterie de la 4è DI. Repli difficile dans les flots de réfugiés et sous les bombardements vers Valenciennes et l'Escaut via la forêt de Mormal et Bavay.

Du 20 au 26 mai: Combats sur l'Escaut vers Vieux Condé et la forêt de Raismes aux abords de la fameuse ligne Maginot inachevée dans ce secteur. Là, l'Escaut n'est pas franchi par les Allemands. L'appui de l'artillerie du 15è soutient les restes du 43é et du 110è RI qui résistent.

27 mai: ordre de repli sur Fretin, Templeuve vers Lille. Manoeuvre lente et difficile compte tenu des destructions et de la fatigue générale. Au soir, ordre de se diriger vers Watou (Belgique) via Bailleul. Armentières brûle. Bailleul, sous les bombardements et reste inaccessible, mais Watou est quand même atteint dans la nuit. On croise beaucoup de troupes britanniques qui refluent vers Dunkerque. Dans la nuit, retour à l'Abeele en appui du secteur du Mont des Cats et du Mont Noir.

28 mai: Ordre de rejoindre Hondschoote via Poperinghe vers Dunkerque malgré les bombardements incessants.

Abandonnée à sa gauche par les Anglais, l'armée belge de Léopold III, à bout de souffle capitule en rase campagne après 18 jours de combats.

29 mai: Au prix de gros efforts pour franchir les barrages britanniques, le 15è atteint atteint La Panne et Bray Dunes. Le régiment est mis à la disposition du Général Fagalde commandant le camp retranché de Dunkerque. Il s'installe et dispose ses groupes en arc de cercle face au sud et à l'est: de Leffrinckoucke, Uxem et Bray Dunes. PC près de la ferme Adam à côté du sanatorium de Zuytcoote. Des corvées de récupération de munitions abandonnées dans les convois assureront l'approvisionnement qui ne manquera jamais, les téléphonistes s'ingénient à réparer les lignes constamment coupées. La TSF fonctionne mal dans les dunes.

Après un long et éprouvant périple via Arras, les restes du 7è GRDI rejoignent la division.

30-31 mai: le 15è et le 5è groupe du 215è sont mis aux ordres de la 12ème DI du Général Janssen dont le 8è zouaves tient la lisère est vers la Belgique et le 150è RI le secteur sud du secteur vers Les Moëres inondées. La pression allemande est déjà forte et s'accentue après l'arrêt providentiel des troupes de Guderian sur l'Aa du 24 au matin du 27 mai sur ordre de Von Runstedt.et de Hitler. La poche de Dunkerque va se rétrécir de jour en jour au gré des attaques et contre attaques. Les Anglais embarquent à tour de bras, pas encore le 15è qui doit combattre jusqu'au bout pour protéger leur retraite....

1er juin au 3 juin: le 1er, l'ennemi est au contact de la 12èDI. Les tirs continuent en appui sous les bombardements in cessants car il n'y a plus de DCA. Tirs de harcèlement et tirs d'arrêt ne cesseront pas jusque dans la nuit du 3 Juin.

Dans la nuit du 3: décrochage vers Malo les Bains après sabotage de tout le matériel. Une « croûte » sacrifiée protège le départ jusqu'à minuit. L'embarquement tant espéré après de si longs efforts est proche.

Arrivé au môle dans l'obscurité, où sont donc les bateaux ? Il n'y aura pas de bateaux. Il ne reste que des carcasses et des épaves échouées. La déception, l'amertume et la rancœur sont grandes, la sourde colère est visible chez les courageux défenseurs.

Mais c'est fini, il n'y a plus d'ordres, la mission a été remplie au prix de bien des sacrifices. Le drapeau blanc et les croix gammées flottent sur les édifices et le port. Le 15è régiment d'artillerie divisionnaire a cessé d'exister.



Merci d'avoir lu une partie de son histoire,






28 décembre 2018  :



Nous avons enfin rencontré Didier, le petit fils de Daniel Denecker. Rencontre riche en émotion. autour d'une bière, nous avons refait l'histoire de la découverte !

Puis les anecdotes de Didier se multiplient sur l'histoire de sa famille et il y a des coïncidences plus étranges les unes que les autres !

Il habite en Savoie mais :

- Ses parents sont de Bourbourg, mes beaux parents, ma femme aussi et nous nous sommes mariés à Bourbourg
- Il me raconte que son grand père habitait Bambecque ( au même moment je reçois un appel sur mon portable, ma nièce qui habite....Bambecque vient d'être victime d'un cambriolage ) !
- Son grand-père logeait dans la grange des douaniers et je suis douanier
- Mon frangin a fait son service militaire au 51me Régiment d'Artillerie légère de Withlich, 11me Batterie en Allemagne en 88, Didier a fait le même régiment, même batterie mais en 84 !

Que de synchronicité ou coïncidences !

Pour terminer, Didier a mis la demie-plaque de sont grand père dans la photo de celui et remis sous verre ! Sa mère est émus aux larmes car elle se souvient de beaucoup de choses.

Voilà, la boucle est bouclée !

Merci Didier pour cette rencontre inattendue et ses innombrables anecdotes !







        Michel à gauche, Didier au milieu et moi à droite










                               La boucle est bouclée !




 

lundi 24 décembre 2018

Quelques clés de montre

                                 Bonjour les amis, 


Je vous présente quelques clés de montre XIXme début XXme



                                  
                                Belle clé carrée dorée. Matière ignorée.




  



Cupidon décochant une flèche sur un cœur dans un arbre







"Un seul suffit" : Un seul cœur suffit pour aimer et être aimé pour la vie













Ballon dirigeable : Clé fabriqué pour un aérostier ou un passionné d'aéronautique du XIX me ?



                                  L'autre côté est identique





Superbe clé avec une fleur ou soleil au dessus d'un lion avec des branches de chaque côté : sûrement un message codé !















                            Clé de montre à motif damier




L'autre côté est mystérieux, il contient un message codé mais il est trop abimé pour le déchiffrer !











Motif : Panier rempli de fruits et légumes au dessus d'une bêche et d'un râteau : Surement  un passionné de jardinage et de potager.











De l'autre côté : Un soleil ou le cœur de Jésus







 







dimanche 2 décembre 2018

vendredi 30 novembre 2018

jeudi 29 novembre 2018

bouton et monnaie nettoyés

                                           Bonjour, 

Un coup de pierre blanche puis rinçage et nettoyage à la brosse à dents et les trouvailles retrouvent leur éclat.







                                    École Militaire Préparatoire














 5 centimes Lindauer 1919